Pendant longtemps, savoir où placer mon cash me stressait en permanence.
C’était une petite voix dans ma tête.
Silencieuse, mais toujours là.
Chaque mois, je voyais l’argent s’accumuler sur mon compte.
Et au lieu de me rassurer, ça m’angoissait.
J’avais l’impression de mal faire.
De ne pas être assez intelligent.
De ne pas optimiser.
Autour de moi, tout le monde parlait d’investir.
D’être exposé.
De faire travailler son argent.
Moi, j’avais du cash.
Et du cash qui ne faisait rien.
Je regardais les marchés monter.
Jour après jour.
Actif après actif.
Et je me disais que je restais sur le quai pendant que le train partait.
Alors parfois, je craquais.
J’investissais sans réelle conviction.
Juste pour ne plus ressentir ce malaise.
Juste pour avoir l’impression d’être “dans le coup”.
Mais au fond, je savais que ce n’était pas la bonne raison.
Et souvent, le marché me le rappelait.
Une correction arrivait.
Ou une mauvaise décision apparaissait clairement avec le recul.
Et je me retrouvais à vendre trop tôt.
Ou trop tard.
Toujours avec des regrets.
Puis un jour, en lisant sur Warren Buffett, quelque chose a cliqué.
Il expliquait comment il utilisait le cash.
Pas comme un poids.
Pas comme un échec.
Mais comme une option d’achat.
Une call option.
Cette idée m’a arrêté net.
Une option, ce n’est pas fait pour être exercé tout le temps.
C’est fait pour être là quand il faut.
Elle donne un droit.
Pas une obligation.
Et surtout, une option a un coût.
Un premium.
Pour le cash, ce premium, c’est l’inflation.
À ce moment-là, j’ai arrêté de voir l’inflation comme une punition.
Je l’ai vue comme un prix à payer.
Le prix de la liberté.
Le prix de la patience.
Oui, mon cash perd un peu de valeur chaque année.
Mais en échange, j’achète autre chose.
Du temps.
Du calme.
De la clarté.
Aujourd’hui, je sais pourquoi mon cash est là.
Il n’est pas là pour performer.
Il est là pour attendre.
Il attend les excès.
Il attend la peur.
Il attend que la valeur revienne.
Quand les marchés sont euphoriques, je ne me sens plus obligé d’agir.
Je n’ai plus cette pression constante.
Je n’ai plus peur de rater quelque chose.
Parce que je sais que chaque cycle se répète.
La hausse.
L’excès.
Puis la correction.
Et quand la correction arrive, le stress change de camp.
À ce moment-là, beaucoup sont coincés.
Investis à 100 %.
À court de liquidités.
À court d’options.
Moi, j’ai mon cash.
Mon option d’achat.
Déjà payée.
Je n’ai pas besoin de vendre dans la panique.
Je n’ai pas besoin d’espérer un rebond rapide.
Je peux acheter.
Et quand j’achète, ce n’est plus par peur.
C’est par logique.
Par valeur.
C’est là que le cash cesse de “dormir”.
Il se transforme.
Il devient productif.
Le premium payé pendant des mois, parfois des années, prend alors tout son sens.
Parce que le rendement ne vient pas seulement de l’actif acheté.
Il vient aussi du prix payé.
Avant, avoir du cash me donnait l’impression de stagner.
Aujourd’hui, j’ai l’impression d’être prêt.
Prêt à agir quand les autres hésitent.
Prêt à investir quand les émotions dominent.
Prêt à saisir ce que le marché offre rarement.
Je ne sais pas quand la prochaine opportunité arrivera.
Je ne cherche plus à le deviner.
Je sais juste que je pourrai répondre présent.
Et finalement, cette simple idée a tout changé.
Mon stress.
Ma façon d’investir.
Ma relation à l’argent.
Le cash n’est plus un problème à résoudre.
C’est une option que je choisis de garder.
Et tant qu’elle est là, je dors beaucoup mieux.
