Comment un ancien trader a rendu mon portefeuille antifragile

Romain CAYROL

12/3/20252 min read

Au début, mon portefeuille était comme moi :
un peu hésitant, un peu brouillon, un peu perdu.
Je suivais des conseils sans trop comprendre.
Je mettais de l’argent ici et là.
Je voulais “investir”, mais je ne savais pas vraiment ce que ça voulait dire.

Je me disais que mettre régulièrement de l’argent dans un ETF S&P 500, c’était suffisant.
Je pensais qu’en faisant ça chaque mois, je devenais un investisseur discipliné.

Mais en vrai, je n’avais pas de stratégie.
Je suivais un automatisme.
Pas une vraie réflexion.

Puis, j’ai voulu “faire mieux”.
Je me suis mis aux actions à dividendes croissants.
J’aimais l’idée de recevoir un petit revenu régulier.
C’était rassurant.
Ça me donnait l’impression d’avoir fait “le bon choix”.

Je passais des heures à analyser les entreprises,
mais je regardais surtout les dividendes.
Et je me disais :
“Là, je construis quelque chose.”

Mais en fait, ce n’était pas vrai.
Je n’avais pas de plan global.
Je faisais du bricolage.
Une pièce ici, une pièce là.
Rien n’allait vraiment ensemble.

Puis un jour, j’ai commencé Antifragile, de Nassim Taleb.
Je ne m’attendais à rien.
Juste un livre de plus.

Mais une idée m’a frappé :
certaines choses deviennent plus fortes quand elles sont secouées.
Elles profitent du chaos.

À ce moment-là, quelque chose a changé dans ma tête.
J’ai réalisé que mon portefeuille faisait exactement l’inverse.
Il souffrait dès que le marché bougeait.
Il se crispait.
Et moi aussi.

C’est là que j’ai découvert le Barbell.
Une stratégie simple.
Deux pôles.
Deux mondes.
Pas de zone grise.

Petit à petit, ma façon de penser a changé.

D’abord, j’ai compris l’importance de la sécurité.
Pas comme un frein.
Pas comme une faiblesse.
Mais comme une base solide.
Un filet qui protège.
Un pilier sur lequel on peut s’appuyer.

Dans cette zone, j’ai mis :
du cash,
des livrets,
des obligations d’État à court terme,
des ETF obligataires prudents,
un peu d’or.

Tout ce qui m’aide à rester calme.
À tenir même quand le marché bouge fort.
À protéger mon capital.

Puis, j’ai découvert l’autre côté.
Le côté qui me faisait un peu peur.
La zone d’audace.
Celle où on accepte d’être surpris.

J’y ai mis :
des actions de croissance,
des secteurs innovants comme l’IA,
des ETF thématiques,
un peu de crypto,
des options longues,
et du private equity.

Cette partie ne devait pas être énorme.
Juste assez pour créer de la chance.
Juste assez pour avoir des résultats inattendus.
Juste assez pour stimuler ma curiosité.

Et là, ma façon de penser a vraiment changé.
Avant, je voulais tout contrôler.
Je voulais deviner.
Je voulais prévoir.
Et je me trompais souvent.

Maintenant, j’ai compris :
je ne peux pas lutter contre le chaos.
Il faut l’accepter.
Le laisser agir là où il peut aider.
Et le limiter là où il peut nuire.

C’est exactement ce que le Barbell fait.
Ce n’est pas juste une allocation.
C’est une façon de penser.
Une manière de dire :
“Je protège ce qui compte,
et je laisse le reste courir librement.”

Aujourd’hui, quand j’ouvre mon portefeuille, je ne vois plus un chaos organisé.
Je vois deux forces.
Deux équilibres.
Deux mondes complémentaires.

La sécurité.
L’audace.

Et entre les deux, un espace vide.
Un vide qui me rappelle :
“Ne te perds pas au milieu.
Va vers ce que tu comprends.
Et vers ce que tu acceptes.”

Mon portefeuille est devenu un Barbell.
Et mon état d’esprit aussi.

Plus calme.
Plus clair.
Plus solide.
Plus ouvert au hasard.
Plus prêt aux surprises.

Antifragile, un peu plus chaque jour.