Pourquoi j’ai arrêté de tout investir en zone euro

Romain Cayrol

12/17/20253 min read

Pendant longtemps, j’ai fait comme beaucoup de gens.

J’ai ouvert une assurance-vie.
Puis un PEA.
J’ai suivi les conseils classiques, cherché à payer moins d’impôts, investi sur des fonds et des ETF.

Sur le papier, tout semblait logique.
Je faisais ce qu’on m’avait appris à faire.

Mais avec le temps, un doute s’est installé.

Ce doute n’avait rien à voir avec les performances ou les marchés qui montent et qui baissent.
C’était une question plus simple.

Que se passe-t-il si le système lui-même pose problème ?

En regardant de plus près, j’ai réalisé quelque chose d’important.
Peu importe le produit choisi, tout mon argent restait dans le même cadre.

Même pays.
Même monnaie.
Même banques.
Même règles.

Assurance-vie, PEA, fonds euros ou ETF, tout dépendait de la zone euro.

Je pensais être diversifié.
En réalité, je mettais tous mes œufs dans le même panier.

On parle souvent de rendement.
Très rarement des risques globaux.

Pourtant, ce sont ces risques-là qui font le plus de dégâts quand ils arrivent.

Crise de la dette.
Inflation qui dure.
Décisions politiques imprévues.
Blocages temporaires de l’épargne.

Ce ne sont pas des scénarios de film.
Ils se sont déjà produits ailleurs, et parfois pas si loin de nous.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à douter des produits fiscaux français.

L’assurance-vie et le PEA ont des avantages.
Mais ils ont aussi un point faible.

L’argent reste enfermé dans un cadre français, avec des règles qui peuvent changer.

Quand les choses vont bien, ce n’est pas un problème.
Quand les choses se compliquent, cela peut le devenir très vite.

J’ai compris que j’avais surtout cherché à payer moins d’impôts, sans assez penser à la sécurité globale de mon patrimoine.

J’ai donc changé ma façon de réfléchir.

Au lieu de me demander quel produit choisir, je me suis demandé dans quel système mon argent était placé.

Je vis en zone euro.
Je travaille en euros.
Je dépense en euros.
Je paie mes impôts en euros.

Est-ce vraiment une bonne idée que toutes mes économies dépendent aussi de l’euro ?

J’ai alors décidé de ne plus tout concentrer dans une seule monnaie.

Pas par peur.
Pas par idéologie.
Mais par prudence.

Pour la partie en cash, j’ai choisi le franc suisse.

Ce n’est pas pour gagner de l’argent.
C’est pour préserver sa valeur.

La Suisse est peu endettée.
Sa monnaie est connue pour sa stabilité.
Sa banque centrale est plutôt prudente.

Garder du cash en francs suisses, c’est accepter un faible rendement pour dormir plus tranquille.

Pour la partie obligataire, je me suis tourné vers des obligations en dollars américains à court terme.

Le dollar reste une monnaie très utilisée dans le monde.
Le marché américain est large et liquide.
Les durées courtes permettent de limiter les mauvaises surprises.

L’idée n’est pas de faire un coup.
C’est d’avoir une réserve stable, différente de l’euro.

Enfin, pour les actions, j’ai fait un choix simple.

Investir surtout dans des entreprises américaines de grande qualité.

Des sociétés connues, solides, présentes dans le monde entier, qui gagnent de l’argent régulièrement et qui ont peu de dettes.

Même si elles sont américaines, elles vendent partout dans le monde.
Elles ne dépendent pas d’un seul pays ou d’une seule monnaie.

Avec le recul, je ne dis pas que cette approche est parfaite.

Mais elle correspond mieux à ce que je cherche aujourd’hui.

Moins d’optimisation fiscale.
Moins de dépendance à un seul système.
Plus de cohérence et de tranquillité.

Quand tout va bien, ces questions semblent inutiles.
Quand les choses se dégradent, il est souvent trop tard pour y réfléchir.

La vraie question n’est pas combien cela peut rapporter.

La vraie question est de savoir si son argent peut tenir le coup, même si le système autour de nous traverse une période difficile.