Pourquoi je fais plus confiance à une IA qu’à un CGP

Romain Cayrol

12/22/20253 min read

Il y a quelques années, j’ai pris rendez-vous avec un gestionnaire de patrimoine.

Pas par ignorance.
Pas par manque de compétences.

Mais par curiosité.
Et par prudence.

Je voulais confronter mes choix.
Vérifier que je n’étais pas passé à côté de quelque chose.
Avoir un regard extérieur sur ma stratégie.

Je savais déjà investir.
Je comprenais les marchés.
Je n’étais pas débutant.

Le rendez-vous s’est déroulé comme prévu.

Un bureau propre.
Un discours bien rodé.
Un ton calme et rassurant.

Il parlait de sécurité.
De stabilité.
De vision long terme.

Tout semblait logique.
Cohérent.

Puis il a commencé à me présenter ses solutions.

Des SCPI.
Des fonds.
Des montages “clé en main”.

Toujours la même zone géographique.
L’Europe.
La zone euro.

Présentée comme plus sûre.
Moins volatile.
Plus adaptée à mon profil.

Je l’ai écouté attentivement.

Je posais des questions précises.
Sur les frais.
La liquidité.
La diversification.

Les réponses étaient floues.
Parfois évasives.
Parfois trop techniques.

Mais surtout, les mêmes produits revenaient sans cesse.

Les mêmes noms.
Mêmes structures.
Mêmes arguments.

C’est là que le doute s’est installé.

Des frais d’entrée élevés.
Des frais de gestion permanents.
Des pénalités en cas de sortie.

Beaucoup de coûts.
Pour peu de flexibilité.

Je n’étais pas contre ces produits.
Mais ils ne correspondaient pas à ma vision.

Et surtout, ils revenaient trop souvent
pour que ce soit un hasard.

J’ai creusé.

J’ai compris que ces solutions
étaient aussi celles qui lui rapportaient le plus.

Des commissions.
Des rétrocessions.
Des intérêts invisibles pour le client.

Pas nécessairement par malveillance.
Mais par structure.

Le système était ainsi fait.

Conseiller, oui.
Indépendant, non.

Alors j’ai fait le choix de ne rien signer.

Je suis reparti sans produit.
Sans regret.
Mais avec une lucidité nouvelle.

Même quand on n’est pas débutant,
le biais existe.

Même quand on pose les bonnes questions,
le discours peut influencer.

À partir de ce moment-là,
j’ai décidé de renforcer ma méthode.

Plus d’analyse.
Plus de recul.
Plus de données.

Je voulais décider mieux.
Pas forcément plus.

Et c’est là que l’intelligence artificielle
a commencé à prendre une place différente.

Au début, comme beaucoup,
je regardais ça de loin.

Un outil intéressant.
Mais pas indispensable.

Puis j’ai testé.

Pas pour déléguer.
Mais pour comparer.

L’IA ne me demandait rien.
Elle ne cherchait pas à me convaincre.

Elle me posait des questions.

Mon profil de risque.
Ma situation perso.
Mes revenus.
Mes projets.

Court terme.
Moyen terme.
Long terme.

Elle intégrait tout.

Ensuite, elle analysait.

Des marchés mondiaux.
Pas seulement la zone euro.
Des classes d’actifs variées.

Elle simulait des scénarios.
Des phases de croissance.
Des phases de crise.

Elle montrait les forces.
Mais aussi les faiblesses.

Sans discours.
Sans habillage marketing.

Juste des faits.

Là où un humain peut avoir des préférences,
l’IA n’a que des probabilités.

Là où un conseiller peut pousser un produit,
l’IA propose une allocation.

Diversifiée.
Cohérente.
Évolutive.

Et surtout, transparente.

Je voyais les hypothèses.
Les risques.
Les compromis.

Rien n’était caché.

Je ne suivais pas tout aveuglément.
Je choisissais.

Mais je choisissais mieux.

Parce que j’avais une vue d’ensemble.
Parce que je pouvais comparer.
Parce que je pouvais ajuster.

Aujourd’hui, l’IA m’accompagne
dans chacune de mes décisions importantes.

Pas comme un gourou.
Pas comme un oracle.

Comme un copilote.

Elle s’adapte à ma situation.
Quand mes revenus évoluent.
Quand mes projets changent.

Achat.
Transmission.
Liberté financière.
Sécurité.

Tout est intégré.

Et surtout, il n’y a aucun conflit d’intérêts.

L’IA ne gagne rien
si je choisis telle ou telle option.

Elle ne touche aucune commission.
Elle ne vend aucun produit.

Elle optimise.
Point.

Je ne dis pas que l’humain est inutile.
Je dis qu’il est biaisé par le système.

Je ne dis pas que l’IA est parfaite.
Je dis qu’elle est cohérente.

Aujourd’hui, je ne cherche plus
un discours rassurant.

Je cherche des décisions alignées.

Alignées avec mon profil.
Ma réalité.
Mes projets.

Je n’ai pas remplacé mon cerveau.
Je l’ai augmenté.

Et dans un monde
où chaque mauvais choix coûte cher,
c’est probablement
la meilleure décision que j’ai prise.